LES INSTRUMENTS


Extraits de la thèse d'Erick Falc'her-Poyroux ( http://falcher-poyroux.info/mti/ )


LES FLUTES

Connue chez les sumériens plusieurs millénaires avant JC, la flûte a vraisemblablement fait son apparition en Irlande avec ses premiers habitants, vers 6000 av JC.
Deux type de flûtes sont actuellement répandues, et cela depuis plusieurs décennies: le 1er, le plus commun, est le tin whistle, le 2nd est la flûte traversière en bois, avec ou sans clés.

LE TIN WHISTLE

Désignée dans le monde francophone par le vocable de "flûte irlandaise", parfois appelée "flageolet" par les musicologues, la première de ces deux flûtes produit un son lorsque l'on souffle directement dans l'embout.
C'est donc généralement de cet instrument qu'apprennent à jouer en premier lieu tous les jeunes irlandais ayant ayant quelque velléité musicale, à l'école ou entre amis.

LA FLUTE TRAVERSIERE EN BOIS

Pour ce qui concerne la flûte traversière, sa présence serait attestée en Europe à l'époque préhistorique mais il semble qu'elle ait souffert d'une éclipse durant l'Antiquité et le début du Moyen Age.
Percée de six trous pour les doigts et d'un trou dans lequel on souffle un peu comme on soufflerait dans le goulot d'une bouteille pour produire un son, la flûte de la Renaissance connut un essor important grâce à des améliorations techniques à partir du XVIIIème siècle, date à laquelle elle était encore souvent appelée "flûte allemande".
Son corps est depuis lors divisé en plusieurs parties, non pour des raisons pratiques de transport, mais sans doute pour des raisons techniques permettant un meilleur contrôle de la perce.
Le premier manuel du flûtiste fut publié à Amsterdam en 1707 et est dû à un luthier et musicien de la cour de Louis XIV, Jacques-Martin Hotteterre.
La première publicité illustrée concernant la flûte traversière en Ilrande parut en janvier 1747 dans le journal "the Dublin Courant", et atteste de son implantation dans les milieux aristocratiques dès le XVIIIème siècle.
Après bien des essais entre 1680 et le milieu du XIXème siècle, le perfectionnement final dela flûte classique est l'oeuvre de Theobald Boehm qui travailla particulièrement sur le mécanisme des clés et sur les possibilités de chromatisme entre 1832 et 1847, après quoi elle n'évolua plus guère.
Cette révolution technique allait être capitale pour la musique traditionnelle irlandaise.

La flûte traversière en bois, appelée "wooden flute" ou plus couramment "timber flute", doit sans doute sa présence en Irlande à cette mutation qui fit que les musiciens classiques du XIXème siècle adoptèrent peu à peu la flûte traversièe en métal, abandonnant de ce fait leurs flûte en bois qui furent alors disponibles à des prix beaucoup plus abordables.

LE LOW WHISTLE

Le low whistle est un instrument très récemment introduit en musique traditionnelle irlandaise: il s'agit d'une sorte de variante basse du tin whistle.
Son histoire est celle d'une Uilleann piper et joueur de tin whistle, Finbar Furey, qui possédait au début des années 60 une flûte indienne en bois dont il appréciait particulièrement le son profond et chaleureux.
A la suite d'un accident elle fut endommagée et un luthier anglais du nom de Bernard Overton lui proposa d'en fabriquer une en métal qui produirait le même son; il fut satisfait du résultat, le low whistle naissait.

L'ACCORDEON

Si l'oeil du profane se contente généralement d'identifier une variété d'instruments dénommés "accordéons", les spécialistes et passionnés distinguent pour leur part un nombre si vaste de variantes qu'ils s'y perdent eux-même.
Le tout premier brevet déposé pour "accordion" fut déposé le 6 mai 1829 par le facteur d'orgues et de pianos Cyrill Demian et ses fils Carl et Guido à Vienne.
L'instrument représentait en fait l'aboutissement de recherches menées durant de longues années sur diverses "orgues à bouches" apparus en Europe au début du XIXème siècle et qui donnèrent entre autres naissance à l'harmonica.
Divers inventeurs proposèrent ainsi leur solutions, et cet accordéon de la première génération comportait un clavier et un soufflet à trois plis. Apprécié dans les salons de la bourgeoisie dès le milieu du XIXème siècle, il se transforma en onstrument populaire quelques décennies plus tard grâce à son coût modeste.
C'est ainsi qu'il est devenu l'un des instruments les plus utilisés au sein des musiques populaires du monde entier, et qu'il s'est parfaitement intégré à la tradition musicale irlandaise.
Dès l'origine, les accordéons se scindèrent en deux types: les accordéons chromatiques produisent la même note que l'on tire ou que l'on pousse et permettent de jouer dans toutes les gammes; les accordéons diatonique, souvent plus petits, produisent une note différente selon le mouvement et ne permettent de jouer que dans deux gammes, une majeur et sa relative mineure.
Ce sont ces derniers instruments qui ont la faveur des musiciens traditionnels.

LE VIOLON OU FIDDLE

La langue anglaise nous permet de différencier le violon du fiddle, bien que les deux termes soient issus d'une même racine, le Vieil-Anglais "fithele", peut être lui-même issu du latin "vitula", dérivé de "vitulari": célébrer.
Cette différence n'est en fait que le premier reflet d'une distinction sociale, l'instrument étant rigouresement le même; seuls varient les techniques et positions de jeu, ainsi que le répertoire.
On peut de ce fait considérer que la tenue de l'instrument n'est assujettie à aucune autre règle que l'habitude du musicien, voire sa morphologie: contre la poitrine, contre ou sur l'épaule, sous le menton ou dans certains cas contre la hanche.
Les ornementations sont pour la plupart communes à la majorité des instruments joués en irlande.

LE BODHRAN

Le bodhran est l'un des instruments dont l'histoire est la moins limpide.
Les percussions étant utilisées dans le monde entier, il apparaît clairement que son aire d'utilisation n'est pas restreinte à l'Irlande.
Bien qu'il ait sans doute été frappé au départ avec la main, comme pour la vaste majorité des percussions, l'habitude d'utiliser un bâton se répendit à une époque encore mal définie et constitue l'une des particularités irlandaise de cet instrument.
En le maintenant debout sur les genoux, le musicien droitier tient le bâton (stick) comme un crayon dans la main droite et frappe la peau en utilisant les deux extrémités alternativement.
La main gauche sert alors à nuancer le son en étouffant la peau par derrière.

LA GUITARE

La guitare dite "folk" (cordes en métal) fit son entrée en force dans le monde de la musique traditionnelle dans les années 60 et doit sans doute beaucoup à l'influence de musicien tels que Bob Dylan, et donc en dernier ressort à Woody Guthrie, Hughie Leadbelly et aux musiciens itinérants des USA.
Plus épaisse que la guitare classique, elle se distingue également par des cordes en acier et un manche moins large
Sous l'influence des musiciens de jazz, elle fut tout d'abord employée comme instrument rythmique.
Suivant l'exemple des autres instruments, la guitare a récemment trouvé une nouvelle utilisation comme instrument soliste en musique irlandaise.
Généralement accordées comme la guitare classique en Mi La Ré Sol Si Mi, on trouve de plus en plus souvent des musiciens utilisant un accord issu des milieux folk-rock des années 70, le Ré La Ré Sol La Ré, appelé aussi DADGAD. Son avantage est de fournir un bourdon qui convient particulièrement à la musique irlandaise.

LE BANJO

Le banjo est un instrument d'origine africaine qui fit son apparition au XVIIème siècle dans le Nouveau Monde sous le terme de banza, puis banjar, et y devint populaire à partir de 1840.
Par la suite ce banjo de cinq cordes (en sol des Appalaches) fut supplanté par le banjo ténor à quatres cordes, au manche plus court, que l'on trouve en irlande depuis les années 80.

LA MANDOLINE

Petit instrument doté de quatre choeurs de deux cordes, est une version courte de la mandole, instrument ancien et récemment remis au goût du jour; elle connut d'abord une forte popularité en Italie où apparut à la fin du XVIème siècle sous le nom de "mandore" et où l'on en distingue deux sortes: la mandoline à dos plat (Milanaise, la plus courante en Irlande) et la mandoline à dos rond (Napolitaine)
Elle doit sa popularité à un volume sonore important, quoique moins important que celui du banjo, et à son accord identique au violon.

LE BOUZOUKI

Son introduction apparaît d'ores et déjà comme l'un des éléments les plus intéressant des 20 dernières années en matière de musique traditionnelle irlandaise, et atteste sans équivoque de sa capacité à intégrer des données nouvelles, et donc de sa faculté de renouvellement.
Le bouzouki apparaît aujourd'hui comme un instrument complet et qui, en outre, n'eut pas dès le départ l'image par trop négative de la guitare.

Dernière mise à jour de cette page le 24/02/2009

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